J'étais sur une colline, une jolie colline fleurie. L'air chaud, le soleil doux, l'amour qui traversait l'atmosphère... Je me sentais bien. Les belles fleurs de toutes les couleurs me souriaient, elles me voyaient heureuse et remplie de rêves.
Un matin pourtant, alors que tout allait bien, le soleil s'obscurcit. Des nuages empêchaient ses rayons d'arriver jusqu'à moi. L'air commençait à devenir de plus en plus humide, froid. Le vent soufflait de plus en plus fort. Bientôt des gouttes s'abbatirent sur la jolie petite colline. Un peu surprise, légèrement appeurée, je tâchais de me cacher sous un arbre, à l'abri de ses feuilles. Mais les gouttes devenaient de plus en plus violentes et je me retrouvais toute trempée. Le froid me saisit alors, je tremblotais. Je regardais les fleurs, elles étaient recroquevillées sur elles mêmes et certaines étaient déjà mal en point. Le vent se mit à souffler plus fort, plus frais. les feuilles de l'arbre dansaient dangereusement au dessus de ma tête. Mon coeur s'emballait de plus en plus, je me demandais si ce mauvais temps allait s'arrêter un jour. Des larmes perlaient sur mes joues déjà mouillées, j'avais peur.
Tout à coup, je sursautais, un éclair avait jaillit des nuages juste devant mes yeux. Je me rapprochais encore un peu plus de l'arbre lorsque j'entendis l'orage gronder. Après avoir jetté un coup d'oeil rapide pour trouver un autre abri plus sûr, j'avisais un creux dans un gros rocher non loin. Je pris mon courage à deux mains et je m'élançais le coeur battant vers ce qui me semblait un refuge. Bien m'y en pris, car quelques secondes plus tard, un éclair trancha l'arbre sous lequel j'étais en deux. Je pleurais de plus belle, car je ne savais pas où aller, c'étais la première fois que je voyais une tempête aussi violente s'abbatre sur ma colline.
Je ne voulais pas partir, mais le temps ne semblait pas s'arranger. A contrecoeur, je descendis le petit sentier qui conduisait à la petite vallée située juste en dessous. Bien que j'avais une peur bleue, que j'étais transie de froid et que mon coeur battait la chamade, je ne pouvais m'empêcher de me retourner après chaque pas. Ces petits pas qui me faisaient m'éloigner de cette chère colline qui avait porté mes rêves, m'avait vu sourire et quelques fois pleurer... Le coeur lourd cependant, je me résignais, je descendais. Toujours plus bas, toujours plus loin. Au fur et à mesure que je m'éloignais, le temps s'éclaircissait, le vent se calmait, l'air était moins froid. Mais l'atmosphère était différente, au lieu de ressentir la paix ou l'amour, je ressentais plutôt de l'indifférence, un certaine froideur. Triste, je continuais toutefois mon chemin vers la vallée, où je pensais être mieux.
Alors que je marchais, un petit oiseau vint à ma rencontre. il me voyait malheureuse et s'arrêtait parfois sur une branche non loin de moi et me chantait un petit air. Il me redonnait le sourire, même si cela ne durait pas longtemps, ce petit temps me mettait de la joie au coeur et me réchauffait. Tout au long de ma route, il n'arrêta pas. il m'accompagna ainsi jusqu'à la vallée. J'attendais avec impatience à chaque fois ces petits chants qui me mettaient du beaume au coeur. je le voyais venir, je devinais le moment où il se poserait sur la branche.
Arrivée à la vallée, il m'adressa enfin la parole. Je lui racontai alors ce qui m'était arrivé. Je me liais vite d'amitié avec ce petit oiseau si charmant, attentionné et protecteur.
Un jour, il me parla d'un endroit, d'une colline, qui comme la mienne, pourrait tout autant me combler. Un peu sceptique au début, déjà déçue de la façon dont j'avais du quitter la dernière, il fini par me convaincre et nous nous dirigeâmes donc vers cette seconde colline. Un sourire aux lèvres, l'ascension de cette colline me parut bien joyeuse et courte. Arrivés au somment, effectivement la colline était belle.Les hautes herbes dansaient sous une brise tiède, le soleil brillait et l'atmosphère était douce. Le petit oiseau se posa sur une des branches de l'arbre qui thrônait au milieu de la colline et commença à me chanter un de ses airs favoris. Souriante, je m'assis à l'ombre de ce bel arbre et l'écoutai chanter. Je posais ma tete sur mes genoux et rêveuse, je regardais l'horizon. Puis, je levai la tête, fit un clin d'oeil à mon petit oiseau et lui envoya un baiser pour le remercier.
Loin, au loin, j'apercevais l'autre colline. Le ciel était toujours gris, et elle semblait avoir perdu toutes ses fleurs. Il n'y avait plus de vie là bas. Mais moi, j'étais bien ici. Et pour longtemps je l'espère... A moins que le temps ne change...
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